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Lux
Johan Larnouhet
du 29 mai au 10 juillet 2026
Vernissage le 29 mai à 18h

Johan Larnouhet construit ses peintures à partir de motifs ordinaires : des intérieurs domestiques, des objets technologiques ou quotidiens, des fragments de paysages urbains et des visages familiers. Pourtant, loin de s’en tenir à un réalisme littéral, son œuvre recrée un espace suspendu, entre réalité et fiction. Le regardeur y est accueilli par des couleurs vives et vibrantes pour mieux se laisser dérouter par des compositions architecturales complexes, induisant une étrangeté sourde.

Cette recherche spatiale s’inscrit dans l’histoire de la peinture. D’une part, elle réactive les questionnements du Trecento italien, lorsque l’école siennoise, à l’instar de Duccio ou des frères Lorenzetti, qui explorait la profondeur par une accumulation de plans et de relations symboliques entre les formes, bien avant l’avènement de la perspective unifiée.

D’autre part, Johan Larnouhet s’insère dans les recherches modernistes du XXe siècle. On pense à Matisse pour cette dialectique constante entre la planéité affirmée de la toile et le creusement de l’espace par les contrastes colorés et l’agencement des plans. L’artiste joue ainsi de fausses perspectives, de simplifications géométriques.

Chaque élément, qu’il s’agisse d’un ordinateur ouvert sur une table en bois aggloméré, d’une plante en pot jouxtant une fenêtre nocturne, ou de lignes de terrains de sport serpentant au pied d’un grand ensemble ; devient le prétexte à un agencement formel rigoureux.

Qu’il s’agisse d’une tour isolée dont le jour révèle la monumentalité ou d’une construction moderne dont les fenêtres allumées suggèrent une respiration nocturne à travers les frondaisons géométriques, l’environnement bâti devient le reflet de l’intériorité des silhouettes vagabondes qui traversent ces paysages urbains. Les objets les plus triviaux ; des écouteurs emmêlés, une bouteille d’eau, une tasse solitaire ; sont recueillis avec une justesse affective.

A travers ses peintures, la banalité urbaine et la solitude technologique perdent leur froideur pour s’envelopper d’une aura singulière.

Enzo Menuge
Doctorant en histoire de l’art / Sorbonne Université