ICONOSCOPE

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Nina Childress – Dilindam

du 18 mai au 13 juillet 2019 – vernissage le vendredi 17 mai à 18h30

… On n’y croit plus, puis Dilindam
   Je t’aime et puis Dilindam
   Tu sais que je t’aime aussi…*

En 1972, de retour sur les écrans après un terrible accident de voiture, Sylvie Vartan chante Dilindam un œil caché par une mèche de cheveux.

À la découverte des cicatrices, que les caméras des studios de télévision ne parvenaient pas à dissimuler, la contemplation de l’idole blonde par la petite Childress (11 ans) se transforme en stupéfaction. Pour son exposition à la galerie Iconoscope, Nina Childress installe des tableaux représentant des chanteuses célèbres : Sylvie Vartan, France Gall, Karen Cheryl, Karen Carpenter.

Une série de portraits proposent l’image idéalisée de la femme, véhiculée à l’époque par les émissions de variétés et les magazines comme Mademoiselle âge tendre. Ces icônes pour midinettes offraient alors à celles qui espéraient devenir aussi jolies et adulées, des modèles à imiter ou bien vers lesquels se projeter.

Divers points de vue sur les chanteuses alimentent un zoom qui s’achève sur une petite céramique brutale. Nous pouvons comparer ce focus à notre perception de la peinture.
De loin : une belle image ; de près : un barbouillage de matière. Le good et le bad, le high et le low, forment un tout : frimousses charmantes et ritournelles imbéciles.

Disproportionnées pour l’espace de la galerie, les deux grosses têtes ont l’expression suave et séductrice des photos de promotion, rendues quelque peu monstrueuses par le grand format. Les deux Karen revendiquent leur passion première – la batterie – même si leurs producteurs les font poser devant un micro, position jugée plus féminine sans doute.

Ces effigies se déploient sur des murs peints – allant du jaune fluo au vert kaki. Un rideau, lui aussi vert kaki, habille un des murs, n’ouvrant en aucun cas sur une scène de concert, symbolisant l’artifice, essence même de la peinture et de toute représentation.

* paroles : Roger Dumas, musique : Jean-Jacques Debout, RCA 1972